les secrets de lutin

poésie et textes...Un mot déclenchant une tempête et mes doigts tissent sur le clavier....

25 décembre 2007

Feu follet

feu_follet

Je longeais cette allée gelée
dans ma trajectoire un soleil blanc qui aveugle
le tuyau d’arrosage comme un serpent paralysé formait une longue arabesque verte
une goutte figée n’a pas eu la force de s’expulser et la voilà pendante comme une larme
ils étaient devant moi les enfants
petites tombes blanchies recroquevillées
le ciel glacé envoyait sa lumière sur l’épitaphe de chacune d’elle
et le vent mordait la pierre comme il enserrait mon ventre
je voulais avancer mais il m’avait statufiée

le vent, les enfants, je ne sais pas
à droite un lampion clignotait sur un marbre rose
deux petites sœurs reposaient
on était venu en ce jour de Noël
déposer une branche de sapin et une guirlande
allumer cette flamme du désespoir
je me disais une vie mortifiée comme cette goutte d’eau
un puits de douleur



Et si on pouvait tout recommencer
lever le drap pour aérer
mettre debout tout ce que nous avons couché
en ce lieu de sommeil j’aimerais une farandole
une lente descente aux flambeaux vers la grille en fer forgé
comme ces soleils dans des mains d'enfants qui parcourent la montagne à la tombée de la nuit
leurs chants faisant écho d’une vallée à l’autre
je me disais que nos vieux qui reposent là applaudiraient
dans mes mains gantées de rouge le froid glisse sous mes ongles
je me rappelle que je voulais tailler votre sapin
l’arrosoir se vautre sur une plaque de glace
l’anse fendue cède dans mes doigts qui l’enserrent
je me dis un objet qui rend l’âme


lutin – 25-12-2007

 

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14 décembre 2007

Première peinture au mortier sablé

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Maison déshabillée

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.

.

Derrière le papier peint

il y a une autre respiration

un passé écrasé dans le creux de la main

poing à jamais amnésique

si on n’en soulève pas le coin

Il y a la lumière diffuse dans l’œil

la voix faïencée qui tombe du plafond

dans l’ombre du tapis

les mots que l’on croyait morts

s’infiltrent sous la porte

Les draps blancs jetés comme des fantômes

pour ne pas perdre l’envoûtement

grimacent dans le désordre de la pièce

et les mots rampent en poussière de plâtre

Derrière la couleur des murs

il y a la blancheur des corps qui se mangent

dans la nudité, à même le sol

et les sons résonnent en cristal

Dans une maison déshabillée

il y a une église

une amplitude dans le son de la voix

un ciel haut où se retrouver

une maison nue c’est le monde à l’envers

.

.

.

Douleur brûlante
Une main me cramponne le dos
Les mots sont si forts

La pensée me transperce la peau
Me voici voûtée
son poids m’entraîne

A genoux
Je les couche là
Enroulée

Tu me roules et me déroules
Et je t’écoute dormir
Enserrée tu me serres encore
Me desserres et je me presse

Ligne horizontale
En dehors de ce monde
Tout contre
Toi

A bout de bras
Immergée
être là tout simplement

.

.

lutin - 13-12-2007

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06 décembre 2007

Parchemin

cuisinier420a

Elle ira ce soir au bout de la rue
Quand le réverbère allumera la chambre
La petite fille pleure
On l’appelait Souris cette gamine aux cannes de serein
Comme le disaient les garçons boutonneux
Elle aurait voulu disparaître dans le soupirail
En même temps que l’eau avalée goulûment
Gloup gloup à ses oreilles
Dans les mouvements anarchiques
Trop timide elle baissait la tête rougissante

Dans le bleu arraché qui s’écoule du mur
Le sang gicle
Il faut brûler les petits papiers
Casser les fenêtres
Détacher les empreintes
Changer l’air
Il faut frapper dans les portes
Briser les serrures
Un nœud coulant à la gorge la voilà grandie
La petite fille pleure

Les mains encollées se souviennent
Sans bruit s'offrent au vide
Il faut couper leurs extrémités
La tête se souvient
Alors détachez la du corps
Sur un plateau d'argent offrez la aux rapaces
Le ventre se tord dans le sarcophage
Ouvrez la peau que le pus suinte
Que le corps devienne parchemin
A piétiner

lutin - 06-12-2007

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01 décembre 2007

Arythmie

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Il n’y a rien que le silence

Et mes pas qui ne veulent pas mourir

Se tordent dans la terre de l’hiver

La boue colmate la semelle

Laissant un trou béant

Les cygnes fidèles m’accompagnent

.

.

Les rapaces en habit de deuil craillent leur faim

En couple ils se détachent des branches nues

De leur marche funèbre

L’œil ironique revendique les lieux

.

.

Le noir et le blanc sont ma bannière

Alors que le sang s’est figé dans mes veines

Il n’y a qu’arythmie

Et cet organe qui ne veut pas mourir

Cogne au thorax comme le bec de l’oiseau

Sur ce  lombric sorti de terre.

.

lutin - 01-12-2007

plume_20oie

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